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LA
COMPLAINTE DE LA BUTTE
En
haut de la rue Saint-Vincent
Un
poète et une inconnue
S'aimèrent
l'espace d'un instant,
Mais
il ne l'a jamais revue.
Cette
chanson, il çomposa
Espérant
que son inconnue,
Un
matin d'printemps l'entendra
Quelque
part au coin d'une rue.
1
La
lune trop blême
Pose
un diadème
Sur
tes cheveux roux.
La
lune trop rousse
De
gloire éclabousse
Ton
jupon plein d' trous.
La
lune trop pâle
Caresse
l'opale
De
tes yeux blasés.
Princess'
de la rue,
Soit
la bienvenue
Dans
mon coeur blessé.
Les
escaliers de la Butte sont durs aux miséreux,
Les
ailes des moulins protègent les amoureux.
2
Petite
mendigote,
Je
sens ta menotte
Qui
cherche ma main.
Je
sens ta poitrine
Et
ta taille fine,
J'oublie
mon chagrin.
Je
sens sur tes lèvres
Une
odeur de fièvre
De
goss' mal nourrie
Et
sous ta caresse,
Je
sens une ivresse
Qui
m'anéantit.
Les
escaliers de la Butte sont durs aux miséreux,
Les
ailes des moulins protègent les amoureux.
Mais
voilà qu'il flotte,
La
lune se trotte
La
princesse aussi
Sous
le ciel sans lune,
je
pleure à la brume
Mon
rêve évanoui.
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