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ON N'EST PAS LA POUR SE FAIRE ENGUEULER

 

 

Un beau matin de juillet, le réveil, a sonné dès le lever, du soleil

Et j'ai dit à ma poupée, faut t'secouer, c'est aujourd'hui qu'il passe

On arrive sur le boul'vard sans retard, pour voir défiler le roi zanzibar

Mais sur le champ on est r'foulés par les agents, alors j'ai dit:

 

On n'est pas là pour se faire engueuler on est là pour voir le défilé

On n'est pas là pour se faire piétiner on est là pour voir sa majesté

Si tout le monde était resté chez soi ça f'rait du tort à la République

Laissez-nous donc qu'on le regarde,

Sinon plus tard quand la reine reviendra ma parole nous on r'viendra pas.

 

L'jour d'la fête à julot, mon poteau, je l'ai invité dans un petit bistro

Ou l'on sert un beaujolais, vrai de vrai, un nectar de première

On est sorti très à l'aise et voilà, que j'ai l'idée de l'ram'ner chez moi

Mais j'ai compris devant le rouleau à patiss’rie, alors j'ai dit:

 

 

On n'est pas là pour se faire engueuler on est là pour fair’ une p'tite belote

On n'est pas là pour se faire assommer on est là pour la fête à mon pote

Si tout le monde restait toujours chez soi ça serait d'un'tristesse pas croyable

Ouvre ta porte et sors des verres,

Ne t'obstin'pas ou sans ça l'prochain coup ma parole,  j'rentre plus du tout.

 

Ma femme a cogné si fort, cett'fois là, qu'on a trépassé l'soir mêm'et voilà

Qu'on s'retrouv'au paradis, vers minuit, devant monsieur St Pierre.

Il y avait quelques élus qui rentraient, mais sitôt que l'on s'approche du guichet

On est r'foulés et St Pierre se met à râler, alors j'ai dit:

 

On n'est pas là pour se faire engueuler on est v'nus essayer l'auréole

On n'est pas là pour se faire renvoyer on est mort il est temps qu'on rigole

Si vous flanquez les ivrognes à la porte il doit pas vous rester beaucoup d'monde

Portez-vous bien, mais nous on s'barre

Et puis on est descendus chez Satan. . .Et là-bas c'était épatant! . . .

 

 

 

Final

Ce qui prouve qu'en protestant, quand il est encore temps On peut finir par obtenir. . . des ménag'ments! . . .

 

 

 

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Boris Vian